
C’est connu, les insectes pollinisateurs sont très importants en milieu agricole. Sans eux, une grande partie des plantes que nous consommons ne pourrait plus être cultivée. Malheureusement, les scientifiques s’entendent pour dire que le nombre d’insectes pollinisateurs, particulièrement les abeilles, est en déclins. Afin de pallier le manque de pollinisateurs dans certains secteurs, il existe différentes options pour les producteurs agricoles. Entre autres, certaines espèces d’insectes sont disponibles de manière commerciale. De plus, les apiculteurs peuvent déplacer leurs ruches sur des entreprises agricoles afin d’offrir le service de pollinisations. Bien que ce genre de service fonctionne bien, la présence de pollinisateurs sauvage est d’autant plus efficace et importante pour l’environnement. Notre Club a voulu aider les entreprises à favoriser les insectes pollinisateurs sur leur entreprise.
1 mètre pour les pollinisateurs
Dans le cadre de nos travaux sur d’autres projets en biodiversité, nous nous sommes rendu compte que les superficies minimales nécessaires mentionnées dans la littérature pour la survie des pollinisateurs sont semblables aux superficies des zones de protections des fossés et bandes riveraines des entreprises agricoles.
C’est donc de là qu’est né le projet «1 mètre pour les pollinisateurs ». Le 1 mètre fait référence à la zone de 1 mètre de protection réglementaire des fossés. L’objectif est de convaincre les producteurs agricoles de bonifier cette zone avec des plantes utiles pour nos pollinisateurs indigènes. En plus de sensibiliser les producteurs à l’importance des pollinisateurs indigènes et au maintien d’une zone d’alimentation pour eux, des essais d’implantation et d’espèces sont réalisés dans le cadre du projet.
Tout le travail effectué dans ce projet nous a permis de développer une expertise en semis et plantation d’herbacés fleurit. Cette nouvelle flèche à notre arc est particulièrement intéressante puisque peu d’intervenants possèdent l’expertise en aménagement fleurie en milieu agricole. En effet, l’implantation d’îlots et de bandes fleuries herbacées est souvent moins connue, ce qui fait que les entreprises d’implantation d’aménagement pour la biodiversité préfèrent parfois refuser ce genre de travail indiquant que le travail est trop grand pour les résultats obtenus. Après deux ans d’essais, nous avons commencé à bien cibler les techniques qui permettent une bonne implantation de ce genre d’aménagement et les facteurs qui en cause l’échec. Ainsi, le moment de l’implantation, le choix des espèces implantées, le type de sol, le travail de sol effectué avant le semis, l’utilisation de certaines plantes abris et de paillis végétal sont des facteurs primordiaux à prendre en considération avant de faire ce genre de projet.
En ce qui concerne les plantations, nous avons déterminé que la réussite sera meilleure si les plans sont mis en terre à l’automne après un semis de trèfle au printemps. Le trèfle agit comme couvre-sol vivant et permet de diminuer la compétition avec d’autres espèces particulièrement les graminées.
Pour les semis, la fauche ainsi qu’un certain travail de sol est nécessaire. De plus, l’utilisation de semoir optimise la quantité de semences par rapport au couvert végétal. Son utilisation permet un meilleur contact de la semence avec la terre. C’est dans cette optique que nous avons acheté un semoir adapté à la largeur de travail le long des fossés.
Voici nos réalisations en chiffres
En 2023, nous avons ensemencé des bords de fossés avec un mélange fleuri sur 1,5 km et fait des plantations sur 3,5 km.
En 2024, 5,3 Km de fossés ont été ensemencés avec un mélange fleuri et 0,7 Km qui ont été plantés. Le nombre de Km planté est significativement inférieur à 2023, cependant, le nombre de plants mis en terre est similaire. En effet, nous avons décidé de faire des plantations avec plus de plants afin d’augmenter la réussite de nos aménagements.
Ainsi, en deux ans, c’est 11 Km de fossés qui ont été semés et implantés avec des fleurs indigènes.
De plus, grâce à notre travail de sensibilisation auprès des entreprises de la région, de grandes superficies de fossés ont été protégées et mises en valeurs grâce à des techniques de fauche adaptée.
D’autres moyens de sensibilisation :
Bien que ce projet prometteur offre de belle perspective pour nos insectes pollinisateurs, la propagation de l’information est un outil que l’on ne doit pas oublier. À cet effet, des Agro-Blitz ont été organisés en 2022 et en 2023. L’idée c’est de faire des demi-journées d’informations sur la biodiversité en milieu agricole. Plusieurs spécialistes sont invités à animer des kiosques sur les différents aspects de la Biodiversité, mais aussi sur les actions à mettre en place pour la favoriser. À chacune de ces activités, Abeilles Citoyennes étaient présentes afin de faire de la sensibilisation ciblée sur les pollinisateurs.
Un partenariat intéressant
Nous connaissons bien l’abeille à miel (Apis mellifera), mais qu’en est-il des espèces sauvages d’abeilles? Nous commençons à acquérir certaines informations sur les espèces existantes, mais le nombre d’individus, de colonie, leur répartition ainsi que leurs habitudes sont souvent méconnues. Sans informations sur celles-ci il n’est pas possible de bien chiffrer leur déclin n’y de bien cibler les actions qui ont le potentiel de les menacer. C’est dans cette optique que le projet d’Abeille Citoyennes de l’université Laval a vu le jour. Recherchant des sites variés au travers du Québec, ceux-ci ont fait appel à Gestrie-Sol afin de trouver une dizaine de sites en milieu agricole. Depuis 2020, nous effectuons donc la pose et la collecte de piège pour une dizaine de producteurs dans la ville de Granby. De plus, grâce au financement, nous avons pu faire des rapports personnalisés à chacun des participants expliquant les données récoltées sur leur site.
À L’échelle de l’entreprise
Faire des actions pour favoriser la survie des insectes pollinisateurs est quand même assez simple, voici une liste de recommandations que vous pouvez mettre en place sur votre entreprise.
- Laisser des petites zones de sol à nu.
- Conserver des tas de bois mort.
- Éviter les insecticides.
- Avoir des surfaces en fleurs diversifiées qui offrent des fleurs d’avril à octobre.
- Attention aux traitements de semences.
- Faire une rotation de culture.
- Cultiver des cultures de couverture à fleurs.
- Faire pousser des plantes mellifères.
- Garder des zones sans travail de sol.
Si vous souhaitez fleurir vos fossés, Gestrie-Sol recherche toujours des entreprises pour continuer le projet «1 m pour les pollinisateurs » en 2025. N’hésitez pas à nous contacter. 😊