À tout bout de champ, on entend parler de santé des sols, de cultures de couvertures, de travail réduit et plus encore. De plus en plus de programmes de financement tentent d’encourager les entreprises d’ici à introduire des pratiques reconnues pour améliorer la santé des sols. Mais en pratique, à quoi ça ressemble ?

Photo prise lors de l’Activité d’essaie de machineries de travail de sol. 

Marie-Michèle Bernier est propriétaire de la Ferme Onatah et est associée dans l’entreprise familiale Notre terre, Ferme Familiale inc. à Saint-Valérien-de-Milton. Elle et son père font partie d’une cohorte du Plan d’Agriculture Durable sur le travail de sol, organisée par Gestrie-Sol. Leur but est de voir les techniques des autres entreprises de la région afin de prendre les meilleures décisions pour leurs entreprises. Souvent, les actions proposées sont déjà connues des participants, mais l’accompagnement offert aide à les mettre en place et à orienter certaines de leurs décisions. Par exemple, une journée d’essais de machinerie de travail de sol en 2023 à confirmer le choix d’une machinerie que M. Bernier souhaitait acheter. En ayant l’opportunité de voir l’impact de la machinerie sur le sol, grâce à des profils de sol effectués derrière la machinerie et en pouvant parler à des experts en machineries et en santé des sols, il a été possible de prendre une décision plus éclairée.

Dernièrement, une activité d’ajustement de la pression des pneus de la machinerie a permis de faire les ajustements nécessaires afin de limiter la compaction des sols. Cette action faisait déjà partie de la liste de choses à faire avant d’entrer dans le champ, mais il arrivait souvent que la tâche soit sautée par manque de temps. Comme Marie-Michèle l’indique, l’accompagnement agronomique a permis de ne pas laisser filer entre les craques des actions qui peuvent sembler non prioritaires lorsque l’on est dans le rush du semis, mais qui ont un impact considérable sur la pérennité de l’entreprise.

Solutions pour la compaction des sols

Ayant des sols principalement sableux, la productrice recherche principalement à réduire la récurrence des croûtes de battance principalement créées par l’utilisation de machinerie dans des conditions humides et l’impact des fortes pluies. Après avoir eu l’opportunité de faire faire un diagnostic de compaction des sols lors d’une des activités de la cohorte, ses impressions ont été confirmées puisqu’il n’y a pas de compaction en profondeur dans ses champs. Une des solutions pour limiter cette problématique est l’entrée au champ dans les meilleures conditions. Une autre avenue pour améliorer la santé de ses sols en surface est l’implantation de cultures de couvertures. La présence de racines dans le sol permet d’obtenir une meilleure structure des sols, ce qui permet aux sols d’être plus résilients.

Photo d’un des champ de l’entreprise Onatah en engrais vert à l’automne. 

Notre terre, ferme Familiale inc. ainsi que la ferme Onatah inc. sont reconnus pour leur très belles cultures de couverture année après année. Un mélange d’avoine, de pois et d’une autre espèce choisie selon le prix et les besoins des terres est implanté chaque année après la récolte du blé d’automne.

Culture d’automne

C’est en 2014 que son père a pris la décision d’ajouter le blé dans sa rotation passant ainsi d’une rotation sur 3 ans à une rotation sur quatre ans. Le but était de disperser les moments de récolte plutôt que d’avoir un moment trop condensé à l’automne en plus de pouvoir effectuer des travaux tel que du nivellement au besoin dans de bonnes conditions.  M. Bernier a aussi décidé d’implanter des cultures de couvertures après la culture du blé. Dès les premières années, les avantages de ce changement se sont fait observer. En effet, en ayant une rotation sur 4 ans (maïs-maïs-soya-blé) le cycle de la sclérotinia, une maladie très problématique dans le soya, a été brisé ce qui a diminué les pertes de rendement dans cette culture. De plus, une augmentation de rendement dans le maïs pouvant atteindre 1tonne/ha a été notée dans le maïs de 1 année.

 

Une relève bien impliquée

Lorsque Marie-Michèle a terminé ses études à l’ITAQ, une partie des terres de l’entreprise familiale a été loué par son entreprise « Ferme Onatah ». Cela lui a permis de faire ses essais, de prendre ses décisions et d’apprendre à gérer son entreprise sans causer de friction au sein de la famille.

Sur son entreprise, elle a choisi de garder le plan de rotation établi préalablement sur la ferme familiale, mais de façon plus stricte afin de retirer les bienfaits des cultures de couvertures et de sa rotation année après année.

L’année passée, encouragée par le programme de rétribution des pratiques agroenvironnementales, la productrice a choisi d’implanter des cultures de couvertures en intercalaire du maïs dans certains de ses champs. Elle a choisi deux types de sol, un sableux et un argileux, pour tester l’utilisation du ray-grass et du trèfle incarnat dans l’entre-rang du maïs. Après une année de test, elle a remarqué que l’implantation s’est très bien déroulée, peu importe le type de sol. Aucun impact n’a été ressenti en ce qui concerne le rendement de son maïs. Les mêmes tests ont été faits sur l’entreprise familiale avec du ray-grass seulement. Dans ce cas-ci, l’implantation a été moins réussie. Mme Bernier croit que c’est la variété de maïs qui a eu le plus d’impact sur la réussite de la culture de couverture puisqu’il semble que la variété utilisée sur l’entreprise familiale ait formé une canopée plus dense.

Priorité : Santé des sols

Les 2 entreprises font beaucoup d’effort pour améliorer leur santé des sols, et ça paraît. De petits gestes peuvent faire une grande différence, et pour Marie-Michèle, la santé de sols est un enjeu tout aussi important que le rendement. Elle en fait une priorité lors de sa prise de sa décision pour s’assurer que son entreprise reste rentable et résiliente !

Photo de Marie-Michèle et sa nièce, sa relève!

L’équipe de Gestrie-sol

Cette chronique est rendue possible grâce au soutien financier de la MRC Haute-Yamaska, d’une aide financière du programme Prime-vert du MAPAQ et de l’UPA Haute-Yamaska.