Depuis la reprise de la ferme familiale, il y a deux ans, Christian Grenier et sa conjointe Stéphanie Taylor ont commencé à mettre l’entreprise à leur image. Que ce soit par des projets d’agroforesterie, de biométhanisation, d’introduction de nouvelles méthodes culturales, d’aménagements autour des bâtiments d’élevage et plus encore, ces deux producteurs ne chôment pas.

C’est à cause de leur vision pour l’agriculture de demain qu’ils sont si motivés à faire autant de projets. Ils souhaitent arrimer environnement et agriculture et ainsi prouver qu’il est possible de faire de l’agriculture durable. Pour ce faire, ils souhaitent trouver des techniques d’agriculture durable qui permettront de tendre vers des produits écoresponsables, qui respectent l’environnement et qui soient carboneutres.

Petit tour d’horizon de la ferme Grenier Gardangeois :

La ferme possède 13 sites dispersés dans la municipalité d’Ange-Gardien pour un total de production de 45000 cochons/an, 650000 poulets/an et environ 700 acres en grande culture. La ferme cultive principalement du maïs et du soya, mais essaie aussi d’intégrer le blé dans sa rotation. Avec les pluies de 2023, ce fut assez ardu. De plus, ils implantent des cultures de couverture après le soya et souhaitent trouver une manière de faire de même dans le maïs-grain. Pour l’instant, le ray-grass ne semble pas bien fonctionner sur leur ferme, mais ils ont déjà commencé à penser à d’autres solutions tels que l’utilisation d’un drone afin de semer avant la récolte du maïs. L’idée, c’est qu’un jour, toutes les superficies soient recouvertes pendant l’hiver.

Christian explique que c’est leur modèle de transfert qui leur a permis de faire autant de changements rapidement sur l’entreprise. Bien que le projet ait mijoté dans la tête de Christian pendant plusieurs années, le transfert, en tant que tel, s’est fait très rapidement. Il souhaitait, de cette manière, réduire au maximum la manque de leadership et le manque de clarté dans les rôles pendant le transfert et ainsi empêcher les conflits intergénérationnels. C’est en travaillant comme agroéconomiste qu’il a eu l’occasion de voir plusieurs modèles de transfert et d’observer lesquels ont le mieux fonctionné.

Projet 2023

En 2023, le couple a décidé de faire une plantation autour de leurs bâtiments d’élevage sur une de leur terre. Pour eux, les aires engazonnées autour des bâtiments sont une opportunité de rendre un peu à la nature en y ajoutant de la biodiversité.

Une bande d’herbacées a été laissée dans les premiers mètres autour des bâtiments afin de permettre une bonne gestion de la vermine. Sur le reste de la superficie, arbres, arbustes et espèces vivaces à fleurs indigènes ont été plantés. C’est un aménagement de 2775 mètres de bandes riveraines qui a été implanté ainsi que cinq îlots de biodiversité totalisant 8 083 m2.

Pour eux, ce n’est que le début d’un projet de plus grande envergure. Christian et Stéphanie souhaitent faire une plantation par année. L’idée est de ne pas s’épuiser ou se ruiner en fleurissant tous leurs sites d’élevage en une fois, mais plutôt d’en faire un peu chaque année.

Christian indique que de tels projets pour la biodiversité sont possible grâce à l’accompagnement qu’il a reçu par le club-conseil Gestrie-Sol et par le financement Prime-vert. Grâce à cette aide financière, ils ont pu faire une plantation durable dans le temps.

 

En 2022, ils ont eu l’opportunité de recevoir une centaine d’arbres. Très heureux de l’opportunité, ils ont choisi de faire une plantation le long d’un fossé verbalisé. Plusieurs bénévoles se sont mobilisés pour effectuer ce travail. Cependant, sans accompagnement, l’aménagement n’a pas été un franc succès. En effet, la compétition par les mauvaises herbes ainsi que le broutage par les cerfs ont endommagé l’aménagement. Les deux producteurs indiquent que le désherbage autour des plants était insuffisant et qu’il n’y avait pas de protecteur autour des plants.

Ces deux entrepreneurs souhaitent que d’autres entreprises fassent de même autour de leurs bâtiments afin de faire des corridors forestiers et renaturaliser les fermes. Ils souhaitent voir s’étendre ce mode de gestion. Ils ont bien d’autres projets pour le futur et plusieurs sont déjà en branle. Nous allons certainement entendre encore parler de cette ferme dans le futur grâce à leurs nombreuses idées, mais surtout grâce à leur grande motivation d’emporter l’agriculture vers le futur.

Marie Bourgault, agr, biol.

Club conseil Gestrie-sol

Cette chronique est rendue possible grâce au soutien financier de la MRC Haute-Yamaska, d’une aide financière du programme Prime-vert du MAPAQ et de l’UPA Haute-Yamaska.