À tout bout de champ, on me dit « ça doit être assez calme ton travail en hiver, tu fais quoi? ». J’ai toujours un petit moment de recul à cette question. Bien qu’une partie de l’été soit remplie du travail au champ, en ce qui concerne le reste de l’année, il n’y a pas vraiment de moment mort dans le monde agricole.

Un agronome l’hiver, ça fait quoi?

En tant qu’agronome, l’hiver sert à prévoir la prochaine saison de culture, à faire le bilan de la dernière année et à s’assurer que la paperasse réglementaire est en ordre. Il y a même un «rush» de mars à la mi-mai pour finir les Plans AgroEnvironnementaux de Fertilisation (PAEF) et les bilans phosphore. L’hiver, pour les agronomes qui développent des projets, ça signifie le moment de reddition de compte, la facturation de l’année en cours, des livrables… Et sans compter la remise de nouveaux projets aux bailleurs de fonds. Il y a aussi toutes les demandes d’aides financières pour les producteurs agricoles qui se font surtout l’hiver, comme pour les aménagements en biodiversité, les demandes pour de la nouvelle machinerie, etc. C’est le moment de préparer la saison prochaine en informant les producteurs et en planifiant leurs services et besoins sur leurs entreprises.

Et pour les producteur.rice.s?

Pour les producteur.rice.s, c’est un peu la même chose. Même si les champs sont cachés sous leur couverture de neige, le travail ne s’arrête pas à la ferme.

Pour ceux qui ont des animaux, il n’y a jamais de vacances. Porc, vaches et autres animaux de la ferme nécessitent des soins à tous les jours, même les jours fériés. On pense souvent à la traite pour les vaches, mais ce n’est pas la seule chose à faire. En effet, ils doivent s’assurer que tous les animaux reçoivent les soins nécessaires pour obtenir la meilleure production.  Ils doivent aussi s’assurer que l’entreprise est bien entretenue au niveau mécanique, que les commandes d’intrants pour leurs animaux continuent, même l’hiver et bien plus.

Mais le travail ne s’arrête pas seulement à l’étable. En effet, pour ceux qui ont des terres, c’est aussi le moment de faire les achats de semences, de fertilisants et même de pesticides. En effet, commander le tout d’avance permet d’avoir, dans certains cas, des prix plus avantageux, mais ça permet aussi de s’assurer d’avoir les quantités nécessaires.

La préparation est la clé !

Pour Joël Ostiguy, propriétaire de la ferme Mojoguy 2012 inc., la préparation de la prochaine saison de culture se commence dès l’automne précédent. En effet, il choisit déjà quels champs iront en céréales d’automne et lesquels seront semés en prairies. En fait, 80% de ses prairies sont semés après les céréales à l’automne. C’est aussi le moment où il s’occupe d’effectuer les travaux de drainage et de nivellement. Il s’assure de faire ce genre de travail après la récolte de céréales ou de soya afin que le travail soit fait dans les meilleures conditions.

Après les récoltes, les semis de prairies et de céréales puis les travaux de drainage, il y a aussi la vérification des lignes qui permet l’écoulement de l’eau d’érable dans son érablière. De cette manière, il évite les mauvaises surprises lorsque le temps des sucres pointera son nez.

En décembre, la planification des cultures est presque terminée pour lui. Le but c’est de pouvoir profiter des commandes hâtives de semences. Quelques temps après, c’est le moment de refaire le tour des lignes de l’érablière. Il préfère effectuer ce travail avant d’entailler afin que ça aille plus vite lorsque le moment sera venu.

En fait, selon la température, les journées d’hiver sont passées à nettoyer la sucrerie et a faire du bois de sciage, lorsqu’il fait beau, ou à entretenir la machinerie et l’équipement lorsqu’il fait moins beau. Il indique que les commandes de pièces se font au printemps. Il dresse donc la liste pendant l’hiver de tout ce dont il aura besoin pour que la machinerie soit prête pour la prochaine saison.

Pour Joël, cette préparation est primordiale s’il ne veut pas tout le temps être à la course. C’est sûr que son entreprise demande plus de travail en hiver que d’autre dû à la diversification de sa production (acériculture, grandes cultures, et production laitière), sans compter le déneigement. M. Ostiguy se garde assez occupé, peu importe la saison.

Ce qu’il faut se souvenir, c’est qu’une bonne préparation en hiver permettra de diminuer les mauvaises surprises au printemps et de mieux partir la saison!

L’équipe de Gestrie-sol

Cette chronique est rendue possible grâce au soutien financier de la MRC Haute-Yamaska, d’une aide financière du programme Prime-vert du MAPAQ et de l’UPA Haute-Yamaska.