Sylvain Thibodeau, producteur agricole de Sainte-Sabine, a toujours eu une fascination pour les abeilles. Jeune, il s’était dit qu’un jour il en aurait. C’est à 50 ans que ce projet s’est réalisé. En effet, en 2015, il s’est procuré quelques ruches pour le plaisir. Finalement, le projet de retraite est devenu une entreprise. En 2020, Trésor de miel a vu le jour. Son garçon, Kevin, est avec lui et c’est éventuellement ce dernier qui va continuer.

 

De quoi ça à l’air le travail d’un apiculteur? Sylvain Thibodeau indique que c’est beaucoup de travail en été. Prochainement, les ruches seront sorties, car il faut idéalement attendre d’avoir 3 jours à plus de 10˚C pour sortir les ruches de leur caveau. À ce moment-là, il faut faire l’inspection des ruches pour s’assurer que toutes les ruches sont assez équilibrées et prêtes pour la saison de production. En attendant les premières fleurs, il est important de nourrir les abeilles afin que les reines aient assez de nourriture pour pondre. Par la suite, les ruches sont envoyées dans les vergers pour effectuer le travail de pollinisation. Cela ne dure que quelques jours et il est possible de récolter une petite quantité de miel. Puis vers la fin mai, elles sont envoyées polliniser les cultures de bleuets à l’extérieur de la région.

Au bout de 21 jours, les ruches reviennent sur l’entreprise. C’est à ce moment qu’a lieu la première récolte de miel! Par la suite, les ruches sont éparpillées sur les entreprises voisines ainsi que sur la ferme afin qu’elles ne se fassent pas compétition. À la ferme, la récolte du miel se fait toutes les deux semaines jusqu’au 1er septembre. C’est aussi lors de cette période que l’entreprise commence à faire les nucléis pour démarrer de nouvelles ruches et ainsi accroître leur production.

Après le 1er septembre, Sylvain et Kevin commencent à nourrir leurs abeilles en prévision de l’hiver. Les ruches seront mises dans un caveau dont la température sera de 5-6˚C tout l’hiver. 1 semaine avant, c’est le dernier traitement contre le varroa. Ce sont des acariens parasites de l’abeille. Il est important de faire plusieurs traitement contre ces parasites à partir du moment où les abeilles sont sortie du caveau jusqu’à leur retour. Sans cela, il ne resterait peu d’abeilles en fin de saison.

 

Le travail des Thibodeau ne s’arrête pas là. En plus d’être apiculteurs, père et fils sont aussi producteurs de grandes cultures. La ferme Sylval qui appartenait au père de Sylvain avant lui, lui sert aussi de terrain de jeux pour ses abeilles. Il est donc important que la biodiversité y soit mise de l’avant. Dans les dernières années, il a ainsi aménagé 3 bandes riveraines élargies, en plus de transformer un de ses champs peu productif en aménagement pour la biodiversité. Plusieurs espèces à fleurs et à fruits y ont donc été plantées afin de servir de garde-manger à ses abeilles.

 

 

 

 

Des fossés qui ont de l’importance

Lorsque le Club Gestrie-Sol a parti le projet «1 mètre pour les pollinisateurs » en 2023 et M. Thibodeau leur est tout de suite venu en tête. L’idée de ce projet est de fleurir et renaturaliser les fossés en milieu agricole. Pour ce faire, des semis et des plantations d’espèces à fleurs ont été faits au printemps et à l’automne 2023. Sur l’entreprise Sylval, ce sont plusieurs mètres de fossés qui ont été semés avec un mélange fleuri. Il était bien content de participer à ce projet puisque pour lui, les fossés sont primordiaux pour les insectes pollinisateurs. En effet, ce n’est pas le maïs et le soya qui emmènent beaucoup de diversité florale pour les insectes. Dans cette optique, il s’assure de ne pas faucher les fossés afin de laisser se développer une belle diversité d’espèces. Pour M. Thibodeau, il n’est pas perdant en conservant le mètre fleuri sur le bord des fossés. Il indique que les premiers rangs de maïs ne sont pas les plus payants, alors aussi bien rajouter de la biodiversité sur sa ferme. Il indique aussi qu’ils y voient en fait des avantages à conserver ces zones. Plus que pour l’alimentation de ses abeilles à miel, ces zones sont favorables aux animaux et insectes pollinisateurs qui nous rendent beaucoup de service.

Sylvain Thibodeau est fier de ses deux entreprises. Il souhaite continuer de faire avancer les choses afin que les prochaines générations puissent vivre de l’agriculture.

 

Par amour des pissenlits

Bien que souvent mal-aimé, le pissenlit est une fleur primordiale pour les insectes pollinisateurs. En effet, c’est l’une des premières fleurs à faire son apparition au printemps. De plus, elles sont très aimées par les pollinisateurs. C’est pourquoi on voit de plus en plus de municipalités qui lancent le défi à leurs citoyens de ne pas faucher son gazon pendant le mois de mai. Le « Défi pissenlit » est en fait un mouvement international qui a pour but de sensibiliser la population à l’importance des insectes pollinisateurs. On se rappelle que sans eux, c’est plus de 70% des cultures qui seraient affectées par la disparition des pollinisateurs.

Des actions pour nos pollinisateurs

Faire des actions pour favoriser la survie des insectes pollinisateurs est quand même assez simple, voici une liste de recommandations que vous pouvez mettre en place sur votre entreprise :

 

L’équipe de Gestrie-sol

Cette chronique est rendue possible grâce au soutien financier de la MRC Haute-Yamaska, d’une aide financière du programme Prime-vert du MAPAQ et de l’UPA Haute-Yamaska.